Editorial de L'Incisif 131
Jean-Marie HUBERT,

Président

L’année de la grogne…

L’année 2002 n’a pas débuté dans la joie. Bien sûr, l’arrivée de l’euro a été accueillie avec enthousiasme, dans l’espoir que cette monnaie unique fera naître une Europe des citoyens au-delà de l’Europe économique.

Cet événement historique positif a malheureusement été terni par les événements non moins historiques du 11 septembre et le coup d’arrêt de la croissance économique tant attendue. La petite éclaircie de l’année 2000 et les promesses qu’elle faisait naître ont fait place au retour des restrictions et des coupes sombres dans les budgets.

La grogne des professionnels de la santé, exprimée dans les pays industrialisés à sécurité sociale structurée, résulte de la lente et longue détérioration du statut socio-économique de ces professionnels. Beaucoup découvrent avec amertume la fragilité des conventions passées avec l’Etat, conventions qui ressemblent beaucoup trop à des subventions basées sur une nomenclature obsolète. Beaucoup découvrent aussi la légèreté avec laquelle a été considéré l’équilibre de l’offre et de la demande de soins et tirent un profond ressentiment du peu de cas qui est fait de leur avenir professionnel.

Les protestations des kinés sont particulièrement évocatrices de cette situation, qui allie pléthore, restrictions économiques, honoraires ridiculement bas et contraintes économiques très lourdes liées au statut d’indépendant.

Pour les médecins et les dentistes, la situation n’est pas aussi extrême mais les symptômes du mal sont également présents.

2002 sera une année difficile pour notre profession :

- en juin, les arrêtés concernant les titres professionnels particuliers seront d’application,

à savoir les titres de dentiste généraliste, de dentiste spécialiste en orthodontie et de dentiste spécialiste en parodontologie.

- prochainement, il faudra se remettre à la table des négociations pour un nouvel accord, avec probablement de nouvelles mesures d’économie à la clé et des discussions sur le système du tiers payant .

Cette situation difficile porte cependant en elle les germes du renouveau. L’ouverture vers l’Europe, la limitation progressive de l’offre de soins et la promotion de la qualité sont autant de signe d’une évolution favorable de notre profession : pour les futurs dentistes, l’avenir pourrait être rose.

Vos chambres syndicales dentaires mettent tous leur moyens dans la réalisation d’un avenir meilleur, tant pour les praticiens que pour leur patients. Ceux-ci doivent cependant comprendre qu’il ne peut y avoir de patients heureux et satisfaits sans praticiens également heureux et satisfaits…


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